Semaine du 14 au 20 septembre 2026
Le 16 septembre, la banque centrale amĂ©ricaine a relevĂ© ses taux pour la premiĂšre fois depuis 2023. Quelques heures plus tard, la banque centrale brĂ©silienne abaissait les siens pour la cinquiĂšme fois consĂ©cutive. Deux dĂ©cisions opposĂ©es qui ont rĂ©duit dâun demi-point, en une journĂ©e, lâĂ©cart entre leurs taux directeurs.
Cet Ă©cart contribue Ă lâattrait des placements brĂ©siliens. Leur rĂ©munĂ©ration plus Ă©levĂ©e peut compenser une partie du risque pris par les investisseurs Ă©trangers, notamment celui dâune baisse du real. Avec des taux amĂ©ricains qui montent et des taux brĂ©siliens qui descendent, cet avantage se rĂ©duit.
Ce changement intervient Ă un moment sensible : le gazole atteint des records aux Ătats-Unis, la production chilienne de cuivre recule et le BrĂ©sil approche dâune Ă©lection prĂ©sidentielle serrĂ©e. Trois sujets qui comptent pour les coĂ»ts des entreprises, les financements et les dĂ©cisions dâinvestissement dans la rĂ©gion.
Ăconomie
đŠ La Fed relĂšve ses taux pour la premiĂšre fois depuis trois ans
La banque centrale amĂ©ricaine a augmentĂ© son taux directeur dâun quart de point le 16 septembre, portant sa fourchette Ă 3,75â4 %. Cette premiĂšre hausse depuis juillet 2023 a Ă©tĂ© votĂ©e Ă lâunanimitĂ©. Les projections de ses responsables suggĂšrent au moins une hausse supplĂ©mentaire avant la fin de lâannĂ©e, sans constituer un engagement.
Son prĂ©sident, Kevin Warsh, a soulignĂ© la persistance de lâinflation dans une Ă©conomie encore vigoureuse. Les tensions Ă©nergĂ©tiques liĂ©es Ă la guerre avec lâIran sâajoutent Ă la soliditĂ© de la demande et de lâinvestissement. Donald Trump, qui lâavait nommĂ© en espĂ©rant des baisses, a rĂ©agi en rĂ©clamant des taux amĂ©ricains « Ă 1 % ou moins ».
â Ă retenir : des taux amĂ©ricains plus Ă©levĂ©s peuvent attirer davantage de capitaux vers les placements en dollars et durcir les conditions de financement en AmĂ©rique latine. Les emprunteurs endettĂ©s en dollars sont particuliĂšrement exposĂ©s. Lâeffet dĂ©pendra toutefois de chaque pays, de sa monnaie et de la confiance des investisseurs.
đ§đ· Le mĂȘme jour, le BrĂ©sil poursuit ses baisses
La banque centrale brĂ©silienne a rĂ©duit son taux directeur dâun quart de point, Ă 13,75 %. Cette cinquiĂšme baisse consĂ©cutive, votĂ©e Ă lâunanimitĂ©, Ă©tait largement attendue. Depuis mars, le recul cumulĂ© atteint 1,25 point.
Le ralentissement de lâactivitĂ© et lâaccalmie rĂ©cente de lâinflation permettent de poursuivre un assouplissement prudent. La banque centrale laisse nĂ©anmoins ses prochaines dĂ©cisions ouvertes, face aux risques Ă©nergĂ©tiques, budgĂ©taires et Ă©lectoraux. Certains analystes envisagent encore de nouvelles baisses avant dĂ©cembre.
â Ă retenir : la baisse des taux peut progressivement soulager le crĂ©dit et soutenir la consommation comme lâinvestissement. Mais le financement reste coĂ»teux, et les effets prennent du temps. Pour les entreprises, cette dĂ©tente constitue un soutien possible Ă lâactivitĂ©, pas encore la promesse dâun rebond de la demande.
đšđ± Le Chili parle de « rĂ©cession miniĂšre »
Le ministre chilien des Finances, Jorge Quiroz, estime que la production de cuivre pourrait reculer de 7 % en 2026. Dans des propos rapportĂ©s le 17 septembre, Ă lâissue du Chile Day Ă Londres, il prĂ©sente une perspective plus dĂ©gradĂ©e que celle de Cochilco, lâorganisme public du secteur, qui prĂ©voit une baisse de 2,6 %.
Le Chili reprĂ©sente prĂšs dâun quart de la production miniĂšre mondiale de cuivre. Ses exploitations font face Ă des difficultĂ©s opĂ©rationnelles, au vieillissement des installations et Ă une diminution de la teneur en mĂ©tal de certains minerais. Quiroz envisage une reprise partielle lâan prochain, mais estime quâil pourrait falloir environ deux ans pour retrouver les volumes perdus.
â Ă retenir : les difficultĂ©s du premier producteur mondial entretiennent les tensions sur lâapprovisionnement. Pour les entreprises europĂ©ennes engagĂ©es dans lâĂ©lectrification, le cuivre reste un poste sensible : cĂąbles, transformateurs, moteurs et bornes de recharge en dĂ©pendent. Le risque porte sur les coĂ»ts et la disponibilitĂ©, sans permettre de prĂ©voir deux annĂ©es de hausse continue des prix.
Entreprises
đ Transports et eau : la France prospecte au Panama et en Ăquateur
Nicolas Forissier, ministre dĂ©lĂ©guĂ© au Commerce extĂ©rieur et Ă lâAttractivitĂ©, sâest rendu au Panama, en Ăquateur et au Salvador du 14 au 18 septembre, accompagnĂ© dâune dĂ©lĂ©gation dâentreprises françaises. Au Panama, les Ă©changes ont portĂ© notamment sur les infrastructures, les transports et lâeau. Le ministre a Ă©galement visitĂ© le mĂ©tro et les ateliers dâAlstom.
Ă Quito, les entreprises françaises ont manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt pour lâextension du mĂ©tro, dans la continuitĂ© de leur participation aux transports urbains du pays. ProEcuador et Business France ont signĂ© un accord destinĂ© Ă renforcer la coopĂ©ration Ă©conomique, la promotion commerciale et lâinvestissement.
â Ă retenir : pour une entreprise française, ces dĂ©placements permettent dâidentifier les projets, les interlocuteurs et les partenaires avant les procĂ©dures de marchĂ©. Lâenjeu est de comprendre les besoins techniques et les conditions de financement suffisamment tĂŽt pour prĂ©parer une offre crĂ©dible. Un intĂ©rĂȘt exprimĂ© pendant une visite ne vaut toutefois ni appel dâoffres imminent ni contrat acquis.
đĄ Au Salvador, un projet dâĂ©clairage associe RAGNI et Bpifrance
Les autoritĂ©s salvadoriennes ont prĂ©sentĂ© un projet dâĂ©clairage estimĂ© Ă 76 millions dâeuros, couvrant plus de 500 kilomĂštres de routes, des centres historiques et les abords du nouveau stade national. Selon la reprĂ©sentation diplomatique française, le projet a Ă©tĂ© confiĂ© au Groupe RAGNI et bĂ©nĂ©ficie dâune solution de financement Bpifrance. Sa signature Ă©tait encore annoncĂ©e comme prochaine.
La visite a aussi permis de constater lâavancement de lâAerocable de San Salvador, auquel participe Poma. Le 18 septembre, les autoritĂ©s françaises et salvadoriennes ont assistĂ© Ă la pose de sa neuviĂšme tour. En Ăquateur, un autre volet financier reste Ă lâĂ©tude : un prĂȘt de lâAgence française de dĂ©veloppement destinĂ© Ă la sĂ©curitĂ©, aprĂšs environ 1,5 milliard de dollars de financements dĂ©jĂ mobilisĂ©s au bĂ©nĂ©fice de lâĂtat et des collectivitĂ©s.
â Ă retenir : dans les projets dâinfrastructure, la proposition technique et le financement se prĂ©parent ensemble. Une solution de crĂ©dit adaptĂ©e peut faciliter la rĂ©alisation dâun projet et renforcer une offre commerciale. Elle sâajoute aux critĂšres de prix, de qualitĂ©, de maintenance et de capacitĂ© dâexĂ©cution.
✠TotalEnergies ouvre la voie Ă un retour au Venezuela
PDVSA, le pĂ©trolier public vĂ©nĂ©zuĂ©lien, et TotalEnergies E&P New Ventures ont signĂ© un protocole dâentente le 19 septembre, au palais prĂ©sidentiel de Caracas. Aucun champ, montant dâinvestissement ou calendrier opĂ©rationnel nâa Ă©tĂ© prĂ©cisĂ© dans les informations rendues publiques sur cet accord.
Le groupe avait cĂ©dĂ© en 2021 sa participation dans un projet de brut extra-lourd, et Patrick PouyannĂ© dĂ©clarait encore en janvier quâun retour ne figurait pas parmi ses prioritĂ©s. Dâautres compagnies avancent Ă©galement : les coentreprises de Chevron prĂ©voient plus de 7 milliards de dollars dâinvestissements sur cinq ans, Continental Resources a conclu un accord prĂ©liminaire concernant un bloc et des discussions sont rapportĂ©es avec ExxonMobil.
â Ă retenir : ce protocole constitue une Ă©tape exploratoire. Il ne suffit pas Ă Ă©tablir quâun investissement industriel est dĂ©cidĂ©. La portĂ©e dâun Ă©ventuel retour se mesurera aux actifs concernĂ©s, aux engagements financiers et aux conditions dâexploitation.
Finances & Marchés
đłïž Le BrĂ©sil approche dâun scrutin serrĂ©
Le sondage Datafolha publiĂ© le 17 septembre donne Lula Ă 46 %, contre 44 % pour FlĂĄvio Bolsonaro, dans un scĂ©nario de second tour. Avec une marge dâerreur de deux points, lâenquĂȘte ne permet pas de dĂ©partager nettement les deux candidats. Le premier tour est prĂ©vu le 4 octobre, avec un Ă©ventuel second tour trois semaines plus tard.
La campagne se dĂ©roule sur fond dâaffaire Banco Master, dont les ramifications touchent des personnalitĂ©s politiques et judiciaires. Lula a Ă©galement annoncĂ© une augmentation des prestations de Bolsa FamĂlia, avec une entrĂ©e en vigueur prĂ©vue en octobre. Cette mesure a ravivĂ© les interrogations sur la trajectoire des finances publiques.
â Ă retenir : au 18 septembre, lâIbovespa affichait une hausse dâenviron 15 % depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, en monnaie locale. Ă lâapproche du scrutin, les investisseurs surveillent les orientations budgĂ©taires et Ă©conomiques des candidats. Les sondages et les annonces de campagne peuvent alimenter la volatilitĂ©, sans dĂ©terminer Ă eux seuls la direction du marchĂ©.
đ” Le dollar progresse et lâĂ©cart de taux se resserre
Le Bloomberg Dollar Spot Index a gagnĂ© 1,1 % sur la semaine. Selon plusieurs analystes interrogĂ©s par Bloomberg, la dĂ©cision de la Fed a attĂ©nuĂ© les doutes sur la volontĂ© de Kevin Warsh de relever les taux malgrĂ© les pressions de la Maison-Blanche. La soliditĂ© de lâĂ©conomie amĂ©ricaine a Ă©galement soutenu le dollar.
LâĂ©cart entre le taux brĂ©silien et le milieu de la fourchette amĂ©ricaine est dĂ©sormais lĂ©gĂšrement infĂ©rieur Ă dix points, aprĂšs une rĂ©duction dâun demi-point dans la journĂ©e du 16 septembre. Ce diffĂ©rentiel contribue Ă lâintĂ©rĂȘt des stratĂ©gies de portage : emprunter dans une monnaie Ă faible taux pour investir dans une autre offrant une rĂ©munĂ©ration supĂ©rieure. Une baisse de la monnaie du placement peut cependant effacer le gain attendu.
â Ă retenir : le BrĂ©sil conserve un avantage de taux important, mais celui-ci sâest rĂ©duit. Pour un investisseur europĂ©en, il faut aussi regarder chaque devise face Ă lâeuro : un dollar plus fort face au real ne suffit pas Ă dĂ©terminer la performance en euros dâun placement brĂ©silien. Le rendement de lâactif, le change et une Ă©ventuelle couverture doivent ĂȘtre examinĂ©s ensemble.
✠Le gazole bat des records et pĂšse sur les coĂ»ts de transport
Le prix moyen du gazole Ă la pompe aux Ătats-Unis a atteint 6,505 dollars le gallon amĂ©ricain, soit environ 3,8 litres, le samedi 19 septembre, selon les donnĂ©es AAA rapportĂ©es par Bloomberg. Ce record en valeur nominale dĂ©passe le pic de 2022. Depuis le dĂ©but du mois, la hausse excĂšde 87 cents par gallon.
Les tensions dĂ©passent le seul marchĂ© amĂ©ricain. Les perturbations des flux au Moyen-Orient et les attaques contre les raffineries russes rĂ©duisent la disponibilitĂ© des carburants finis. Ces contraintes peuvent maintenir le prix du gazole Ă un niveau Ă©levĂ©, mĂȘme lorsque le cours du pĂ©trole brut se dĂ©tend.
â Ă retenir : le gazole alimente les camions, les tracteurs et les engins de chantier. Sa hausse pĂšse sur les coĂ»ts du transport, de lâagriculture et de la construction, avec une rĂ©percussion possible sur les prix de vente. Pour les entreprises latino-amĂ©ricaines exposĂ©es aux carburants importĂ©s, câest un facteur supplĂ©mentaire Ă intĂ©grer dans les budgets et les contrats de transport.
Ces Ă©lĂ©ments sont donnĂ©s Ă titre dâinformation et ne constituent pas un conseil en investissement
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