đŸ“ˆđŸ‡§đŸ‡· BrĂ©sil : la Bourse bat son record en pariant sur FlĂĄvio Bolsonaro

Le second tour n’a lieu que le 25 octobre, mais l’argent Ă©tranger revient dĂ©jĂ  au BrĂ©sil et fait monter la monnaie du pays. ⛜ Le gazole relance la hausse des prix au PĂ©rou et au Chili / 🎰 Le BrĂ©sil coupe d’un coup les paris en ligne / 🚗 Stellantis inquiĂšte en Argentine

Weekly Recap
6 min ⋅ 12/10/2026

Semaine du 5 au 11 octobre 2026


Cette semaine, les marchés ont voté avant les Brésiliens. Au lendemain du premier tour, la Bourse de São Paulo a vécu sa meilleure journée depuis 2020, et la monnaie brésilienne a bondi. Les investisseurs donnent Flåvio Bolsonaro gagnant. Le second tour a pourtant lieu dans deux semaines, et un sondage publié jeudi met encore les deux candidats à égalité.

Les prix, eux, n’ont pas attendu. Au BrĂ©sil, ils montent plus vite que la limite que le pays s’est fixĂ©e. Au PĂ©rou et au Chili, c’est le gazole qui pousse. Au Mexique, ce sont les tomates.

Et puis il y a les dĂ©cisions qui tombent sans prĂ©venir. Au BrĂ©sil, un marchĂ© entier a Ă©tĂ© fermĂ© en dix jours par dĂ©cision du prĂ©sident : celui des paris en ligne, oĂč plusieurs groupes europĂ©ens avaient des licences. En Argentine, le patron rĂ©gional de Stellantis a lĂąchĂ© que ses usines pourraient fermer, avant que le groupe ne parle d’une simple hypothĂšse.

Le BrĂ©sil vit sur un pari jusqu’au 25 octobre. Les prix et les rĂšgles, eux, continuent de bouger.


Économie

đŸ‡§đŸ‡· BrĂ©sil : l’inflation repasse au-dessus de la limite autorisĂ©e

Le 9 octobre, l’institut de statistique brĂ©silien (IBGE) a publiĂ© l’inflation de septembre, c’est-Ă -dire la hausse des prix : +0,82 % en un seul mois, un peu plus que ce qu’attendaient les Ă©conomistes. Sur un an, elle atteint 4,58 %. Ça dĂ©passe 4,5 %, le plafond que le BrĂ©sil tolĂšre autour de son objectif de 3 %.

Le gros du saut vient de l’électricitĂ©. En aoĂ»t, les factures avaient Ă©tĂ© allĂ©gĂ©es par un bonus tirĂ© des recettes du barrage d’Itaipu. Ce bonus a disparu en septembre, et la facture d’électricitĂ© des mĂ©nages a bondi d’un coup. Les tomates, les pommes de terre et les billets d’avion ont aussi grimpĂ©. Quand les prix dĂ©passent la limite, la banque centrale a plus de mal Ă  baisser son taux directeur, qui pĂšse sur le coĂ»t de tous les crĂ©dits du pays. Or c’est justement une sĂ©rie de baisses que la Bourse a commencĂ© Ă  fĂȘter cette semaine.

→ À retenir : le crĂ©dit risque de rester cher au BrĂ©sil plus longtemps que ce que les marchĂ©s espĂšrent. Une entreprise europĂ©enne qui emprunte sur place n’a pas de raison d’attendre un soulagement rapide.

⛜ PĂ©rou et Chili : le gazole relance la hausse des prix

Le 7 octobre, la banque centrale du PĂ©rou, l’institution qui gĂšre la monnaie du pays, a laissĂ© son taux directeur Ă  4,25 %, pour le treiziĂšme mois d’affilĂ©e. En septembre, l’inflation pĂ©ruvienne est montĂ©e Ă  4,5 % sur un an, au-dessus des 3 % que la banque se donne comme limite haute. Le lendemain, au Chili, l’institut de statistique annonçait 4,1 % sur un an, avec un gazole en hausse de 10,2 % en un seul mois.

Le mĂ©canisme est le mĂȘme des deux cĂŽtĂ©s des Andes. Le pĂ©trole a dĂ©passĂ© par moments les 100 dollars le baril cette semaine, et le gazole suit. Le transport coĂ»te plus cher, et ça se retrouve dans le prix des lĂ©gumes comme dans celui des billets d’avion. La banque centrale pĂ©ruvienne prĂ©vient que le phĂ©nomĂšne climatique El Niño et les tensions au Moyen-Orient peuvent faire durer la hausse. En Colombie, l’inflation a encore montĂ© en septembre, et la subvention qui limite le prix du carburant coĂ»te si cher Ă  l’État que le gouvernement envisage de la rĂ©duire.

→ À retenir : dans les pays andins, les taux d’intĂ©rĂȘt ne vont pas baisser de sitĂŽt. Pour les entreprises europĂ©ennes qui produisent ou extraient sur place, Ă  commencer par les mines, le transport pĂšse plus lourd chaque mois.

đŸ‡ČđŸ‡œ Mexique : les prix remontent, la banque centrale garde en tĂȘte une baisse des taux

Le 8 octobre, l’institut de statistique mexicain (Inegi) a annoncĂ© une inflation de 3,45 % sur un an en septembre. C’est le deuxiĂšme mois de hausse d’affilĂ©e. La tomate a pris environ 30 % en un mois, l’oignon aussi a flambĂ©. Le mĂȘme jour, la banque centrale mexicaine (Banxico) publiait le compte rendu de sa rĂ©union du 24 septembre, oĂč elle avait laissĂ© son taux Ă  6,50 %.

La banque centrale mexicaine choisit donc de soutenir l’économie plutĂŽt que de dĂ©fendre sa monnaie. Sauf qu’au mĂȘme moment les taux amĂ©ricains montent. Placer son argent au Mexique devient moins intĂ©ressant, et la monnaie mexicaine en paie le prix (voir plus bas).

→ À retenir : le crĂ©dit pourrait coĂ»ter un peu moins cher au Mexique, mais le peso devient plus fragile. Pour qui a des revenus ou de l’épargne en pesos, le risque de change monte.


Entreprises

🚗 Argentine : l'automobile europĂ©enne sous pression, Stellantis menace et Nissan s'en va

Le 6 octobre, le patron de Stellantis pour l'AmĂ©rique du Sud, Herlander Zola, a dit que le groupe pouvait garder ses deux usines argentines, en fermer une ou fermer les deux : « tout peut arriver ». Stellantis, le constructeur europĂ©en issu de la fusion de Peugeot-CitroĂ«n et de Fiat Chrysler, fabrique des Peugeot prĂšs de Buenos Aires et des Fiat Ă  CĂłrdoba. Deux jours plus tard, le groupe a prĂ©cisĂ© qu'il s'agissait d'hypothĂšses, qu'aucune fermeture n'Ă©tait prĂ©vue, et qu'une nouvelle usine de moteurs serait inaugurĂ©e Ă  CĂłrdoba le 25 novembre. Le lendemain mĂȘme, Nissan annonçait pour sa part la signature des accords dĂ©finitifs pour cĂ©der la distribution de ses vĂ©hicules, piĂšces et accessoires en Argentine Ă  deux groupes locaux, SIMPA et Tagle, avec un transfert Ă  boucler avant la fin de l'annĂ©e. Nissan prĂ©sente la marque comme maintenue : le pays rejoint sa division NIBU, qui gĂšre plus de 30 marchĂ©s latino-amĂ©ricains via de simples importateurs, comme le Chili et le PĂ©rou plus tĂŽt cette annĂ©e.

Le malaise, lui, est bien rĂ©el. Selon Herlander Zola, un salariĂ© coĂ»te en Argentine environ deux fois plus qu'au BrĂ©sil. Depuis que le pays a ouvert ses frontiĂšres aux voitures importĂ©es, Peugeot est passĂ© d'environ 9 % Ă  5 % du marchĂ© argentin, sous la pression des marques chinoises, et l'usine Peugeot a dĂ©jĂ  supprimĂ© une Ă©quipe de travail. Nissan a bouclĂ© sa propre sortie en deux temps : la production de la pick-up Frontier, assemblĂ©e depuis 2018 dans l'usine Renault de Santa Isabel Ă  CĂłrdoba, s'est arrĂȘtĂ©e en 2025, et la Frontier destinĂ©e Ă  la rĂ©gion sort dĂ©sormais de l'usine mexicaine d'Aguascalientes. Renault, qui hĂ©bergeait la production de son ancien partenaire d'alliance, a perdu ce volume Ă  Santa Isabel. La sortie de Nissan s'inscrit dans une crise mondiale, avec un deuxiĂšme exercice consĂ©cutif dans le rouge et des fermetures d'usines dans une dizaine de pays, mais l'Argentine donne la mĂȘme leçon que les propos de Stellantis : produire sur place coĂ»te plus cher, et l'ouverture aux importĂ©s grignote les constructeurs installĂ©s.

→ À retenir : en une semaine, deux acteurs mondiaux ont dit la mĂȘme chose Ă  leur façon, l'un en menaçant de fermer, l'autre en s'en allant. L'ouverture argentine profite d'abord aux voitures importĂ©es, pas aux usines europĂ©ennes installĂ©es sur place. Pour les Ă©quipementiers et sous-traitants europĂ©ens de l'axe CĂłrdoba-Buenos Aires, c'est un avertissement et un client industriel de moins dans la mĂȘme fenĂȘtre.

🎰 BrĂ©sil : les paris en ligne fermĂ©s du jour au lendemain, des groupes europĂ©ens touchĂ©s

Le 6 octobre, tous les sites et applications de paris en ligne autorisĂ©s au BrĂ©sil ont Ă©tĂ© coupĂ©s. Ils tombent sous le coup d’une « mesure provisoire » signĂ©e par Lula le 25 septembre : un texte du prĂ©sident qui s’applique tout de suite, mais que le Parlement doit valider dans les 120 jours. Les joueurs avaient jusqu’au 5 octobre pour rĂ©cupĂ©rer leur argent. Il restait environ 260 millions de dollars sur les comptes, que les banques doivent reverser du 9 au 14 octobre.

Le marchĂ© avait Ă©tĂ© lĂ©galisĂ© en 2018 et encadrĂ© en 2023. Plusieurs groupes europĂ©ens y avaient pris des licences de cinq ans. Le britannique Entain attendait du BrĂ©sil environ 5 % de ses revenus en ligne cette annĂ©e. Le danois Better Collective dit perdre environ 15 millions d’euros d’ici dĂ©cembre. Allwyn, basĂ© en Suisse et actionnaire de la marque Betano, prĂ©pare un recours en justice. Le club de football Flamengo, qui affichait des marques de paris sur ses maillots, a dĂ©jĂ  saisi la Cour suprĂȘme.

→ À retenir : une licence en bonne et due forme n’a pas protĂ©gĂ© ces groupes. Au BrĂ©sil, une dĂ©cision prĂ©sidentielle peut fermer un marchĂ© entier en dix jours, avant mĂȘme un vote au Parlement.

đŸ›ąïž Argentine : YPF produira du carburant d'avion durable, TotalEnergies s'en porte acquĂ©reur

Le 7 octobre, YPF a annoncé la signature d'un accord de vente à long terme avec TOTSA TotalEnergies Trading, la filiale de négoce du groupe français, pour la future production de carburant durable d'aviation de sa bioraffinerie de San Lorenzo, province de Santa Fe. La société Santa Fe Bio, constituée à parts égales entre YPF et le local Essential Energy, prévoit d'investir plus de 400 millions de dollars dans une usine d'environ 170 000 tonnes par an de SAF et d'huile végétale hydrotraitée. TotalEnergies s'engage à acheter la majeure partie de cette production à long terme, avec un droit de préférence sur le reste. C'est la premiÚre fois que l'Argentine entre concrÚtement dans ce marché : le pays n'en fabriquait pas, et le seul autre projet évoqué, porté par des groupes allemand et français au Chubut, n'avait jamais dépassé le stade de l'intention.

L'acheteur n'est pas choisi par hasard. L'Union européenne impose un plancher de 6 % de carburants durables dans l'aviation à partir de 2030, un objectif qui monte ensuite jusqu'à 70 % en 2050 : c'est ce débouché européen que la production argentino-française vise. Pour YPF, dirigée par Horacio Marín, l'engagement d'achat du groupe français donne une visibilité commerciale qui facilite le financement du projet et son adhésion au régime d'incitation argentin RIGI. L'accord tombe quelques jours aprÚs que le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a évoqué plus de 10 milliards de dollars de projets en portefeuille dans le pays.

→ À retenir : l'Argentine, connue pour son pĂ©trole de Vaca Muerta, se lance dans le carburat d'avion vert, et c'est un groupe français qui en garantit la sortie. Pour les entreprises europĂ©ennes de la filiĂšre, aĂ©roports et compagnies aĂ©riennes en tĂȘte, une nouvelle source d'approvisionnement sud-amĂ©ricaine apparaĂźt ; pour l'Argentine, c'est un dĂ©bouchĂ© d'exportation qui s'ajoute aux hydrocarbures.


Finances & Marchés

📈 BrĂ©sil : la Bourse bat son record, la monnaie brĂ©silienne s’envole

Lundi 5 octobre, lendemain du premier tour, l’Ibovespa, le baromĂštre des grandes entreprises cotĂ©es Ă  SĂŁo Paulo, a bondi de 7,7 %. C’est sa plus forte hausse en une journĂ©e depuis 2020. Vendredi 9, il a terminĂ© la semaine Ă  prĂšs de 209 100 points, un record. Ça fait +8,8 % en cinq jours, du jamais vu depuis mars 2020. Le dollar, lui, a perdu environ 4,4 % face au rĂ©al, la monnaie brĂ©silienne, et il vaut dĂ©sormais moins de 5 rĂ©ais.

Les investisseurs parient sur une victoire de FlĂĄvio Bolsonaro le 25 octobre et sur une gestion des finances publiques plus serrĂ©e. L’argent Ă©tranger est revenu en force, note le TrĂ©sor français. Les sondages, eux, ne tranchent pas. Datafolha, publiĂ© le 8 octobre, met les deux candidats Ă  Ă©galitĂ© dans la marge d’erreur, alors qu’AtlasIntel donne FlĂĄvio Bolsonaro plus nettement devant.

→ À retenir : toute cette hausse repose sur un second tour qui reste ouvert. Une analyste citĂ©e par la Bourse brĂ©silienne le dit sans dĂ©tour : si le rĂ©sultat ou la suite déçoivent, une partie du mouvement peut repartir dans l’autre sens.

đŸ‡ŠđŸ‡· Argentine : le risque pays redescend sous les 600 points

Vendredi 9 octobre, le « risque pays » argentin, l’indicateur de la banque JP Morgan qui mesure combien les marchĂ©s exigent en plus pour prĂȘter Ă  l’Argentine plutĂŽt qu’aux États-Unis, a fini la semaine entre 579 et 589 points selon les relevĂ©s. Une semaine plus tĂŽt, il tournait autour de 650 points, son plus haut de l’annĂ©e. Chaque point vaut un centiĂšme de point de pourcentage : Ă  580, les titres de dette argentins en dollars rapportent chaque annĂ©e prĂšs de 6 points de plus que ceux de l’État amĂ©ricain.

La dĂ©tente vient d’un net rebond de ces titres de dette en fin de semaine, portĂ© par l’optimisme de grands investisseurs. Les raisons de la hausse prĂ©cĂ©dente n’ont pas disparu pour autant. Fin septembre, le courtier argentin Dhalmore Capital attribuait environ 60 % de la poussĂ©e depuis aoĂ»t Ă  des causes propres au pays, dont l’incertitude sur la prĂ©sidentielle de 2027.

→ À retenir : le coĂ»t de l’argent recule un peu pour l’Argentine, ses provinces et ses entreprises. Il reste bien au-dessus de son niveau de juillet, et la prĂ©sidentielle de 2027 pĂšse toujours.

🏩 RĂ©serve fĂ©dĂ©rale : une nouvelle hausse en vue, le peso mexicain recule

Le 7 octobre, la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale (Fed), la banque centrale des États-Unis dont les taux fixent le coĂ»t de l’argent pour toute la rĂ©gion, a publiĂ© le compte rendu de sa rĂ©union du 16 septembre. Ce jour-lĂ , elle avait relevĂ© son taux d’un quart de point. La plupart de ses dirigeants y jugent probable une nouvelle hausse d’ici la fin de l’annĂ©e.

La chaĂźne passe par le Mexique. Les taux amĂ©ricains montent et les taux mexicains pourraient baisser. L’écart entre les deux, ce que rapporte en plus le fait de placer son argent au Mexique, tombe Ă  2,5 points, son plus bas historique. Les capitaux repartent, et le peso baisse. Vendredi soir, il fallait plus de 18,4 pesos pour un dollar, du jamais vu depuis novembre 2025. C’est la cinquiĂšme semaine de baisse d’affilĂ©e.

→ À retenir : chaque dĂ©cision de Washington se lit dĂ©sormais directement dans la monnaie mexicaine. Pour une entreprise europĂ©enne qui vend ou produit au Mexique, le risque de change augmente. L’effet en euros dĂ©pend aussi de l’euro face au dollar et des protections prises contre les variations de devises.


Ces Ă©lĂ©ments sont donnĂ©s Ă  titre d’information et ne constituent pas un conseil en investissement




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